HISTOIRE

  1. Introduction :

Le nom de la capitale « El-Djazaïr » nous vient de l’arabe qui veut dire « les îles ».

1.1. « Ikosim » pour les Phéniciens :

Le sens de ce nom vient du Phénicien << Ikosim >> qui veut dire << l’île aux mouettes >>. En raison des quelques << îlots >> implantés en face du port d’Alger depuis l’antiquité.

1.2. « Icosium » pour les Romains :

« Ikosim » fera partie du royaume Berbère de Juba II et fut annexée par les Romains sous le nom de << Icosium >>. On peut encore voir à la rue Bab-Azzoun, au n° 29 sur un pilier d’arcade et sur la façade donnant sur la rue, une pierre d’origine Romaine sur laquelle est gravée une inscription qui comporte le nom latin de « Icosium ».

1.3. « Djazaïr Béni Mezghenna » pour les Berbères Senhadja :

Vers l’année 950, le Roi Bologhine Ibn Ziri Ibn Menad Al-Senhadji restaura la ville et lui donna lui aussi, le nom d’El-Djazaïr, par référence aux quatre îlots qui faisaient face au rivage. Elle était appelée assez souvent « Djazaïr Béni Mezghenna » qui veut dire « les îlots des Béni Mezghenna » du nom de la tribu Berbère Senhadjienne « Aït Mezghen » qui s’y été installée à l’époque. A l’est du Maghreb central, il y avait les tribus berbères Ketama, à l’ouest les tribus Berbères zénata et au centre les Senhadja ou les Zénaga (Iznagen). La tribu des Senhadja était composée des :

  • Metennan
  • Boutouïa
  • Béni Djad
  • Béni Ouannour’a
  • Béni Osman
  • Telkata Aïfaoun
  • et les Béni Mezghenna (Imezghen).

Actuellement, on trouve :

  • une montagne située sur la partie supérieure de « Oued Isser » qui s’appelle « Djebel Béni Mezghenna ».
  • et une ferme dans la Mitidja qui s’appelle « Haouch Mezghenna », c’est à dire, la maison des Mezghenna.

1.4. Les Andalous à Alger :

Les Andalous sont venus s’établir à Alger en deux vagues :

  • Celle des « Mudéjars Andalous » qui sont arrivés juste après la chute de Grenade, à la fin du XVème siècle, en 1492. Il s’agissait d’Andalous vivant sous autorité Chrétienne en Espagne, au moment du règne de Ferdinand d’Aragon.
  • Celle des « Morisques Andalous » qui sont arrivés entre le début du XVIème siècle et le début du XVIIème siècle, en 1609. Il s’agissait d’Andalous qui ont été christianisés de force durant les règnes de Ferdinand d’Aragon, Charles Quint, Philippe II et Philippe III.

Ils donnèrent un autre aspect à la vie économique et sociale de la ville d’Al-Djazair dans les demaines suivants :

  • Le commerce
  • L’habillement
  • La gastronomie
  • Les arts
  • La musique
  • L’artisanat
  • L’irrigation et l’agriculture
  • L’industrie

La ville d’A-Djazair était entourée de remparts. Et c’est en raison d’un manque d’espace, une grande partie des Andalous s’établit à l’extérieur de la ville ou dans de petites villes voisines à savoir, Blida, Miliana, Médéa, Cherchell,… Ils ont fondé Koléa. Les Andalous formaient un peuple intelligent et laborieux… Cette Immigration fut une bonne fortune pour la Régence d’Alger :

  • Ils ont cultivé le coton à Mostaganem et la soie à Koléa.
  • Ils ont planté les jujubiers et les oliviers à Annaba.
  • Ils ont alimenté la ville d’Al-Djazair en eau abondante, celle-ci qui n’avait que des puits et des citernes et construit de très belles villas blanches dans les quartiers suivants : Bab El-Oued, Kouba, Bouzaréah, Télemly,… Certains d’entre eux, surtout les habitants d’Al-Djazair, participèrent à la course maritime en Méditerranée contre l’Espagne, bien évidemment :
  • C’est la raison pour laquelle, en 1510, les espagnoles se sont établit dans le penon d’Alger et y ont installés une batterie de canons pointés vers la médina d’Alger.
  • Et c’est pour se libérer de cette menace permanente des espagnols sur la ville d’Al-Djazair que les habitants d’Alger par le biais de leur chef Sélim El-Toumi ont fait appel, en 1515, à Baba Aroudj qui était à Jijel pour libérer ses habitants des Génois.

1.5. « El-Djazaïr » pour les Arabes et les Turcs :

Lors du flux migratoire des tribus arabes des Béni Hilal de l’est vers l’ouest, la tribu arabe des Thaaliba est venue s’installer dans la région. Le nom de cette ville est devenu « Al-Djazaïr » jusqu’à l’arrivée de Baba Aroudj en 1515 à Alger et la reprise de la gouvernance de cette ville par Kheir-Eddine en 1516, à la mort de son frère Baba Aroudj.

1.6. « Alger » pour les Français :

Ce nom donnera, par altération, << Alguère >> en Catalan en 1375, puis « Aldjère » avant de devenir « Alger » en Français et « Argel » en espagnol. En parlant d’Al-Djazaïr entre le XVème et le XIXème siècle, on pense plutôt à la médina, c’est à dire à la Casbah, le cœur de la ville d’Al-Djazaïr.

  1. Les Phéniciens :

Les Phéniciens avaient établi un comptoir sur la baie d’Alger en l’an 1200 avant J.C. Ce comptoir était installé sur les îlots en face du rivage de la ville actuelle d’Alger pour faire du négoce et des échanges avec les gens du pays. Ils étaient ainsi moins exposés aux dangers. Mais, il n’est pas impossible qu’ils aient eu des habitations sur le rivage. Son nom, qu’attestent des pièces de monnaie trouvées en 1940, lui vient des << îlots >> qui faisaient face à cette ville, au niveau du port. En 202 avant notre ère, elle passa sous influence Romaine suite à l’alliance fixée entre Massinissa et Scipion contre Carthage. Le nom d’Ikosim prend sa forme romanisée, « Icosium » sous « Juba I » et « Ptolémée ».

  1. Les Romains :

De nombreux objets et des textes épigraphiques attestent de la présence Romaine dans les alentours << d’Alger >>. Cependant, les renseignements relatifs à la ville sont très sommaires. Les tribus Maghraoua, de la confédération Berbère des Zenata, étaient très nombreuses dans les environs << d’Icosium >>. Ptolémée de la Maurétanie Romaine devait les maîtriser : Il fera transférer une partie des Maghraoua vers Chlef. Il a présenté un combat contre la résistance berbère soulevée par Tacfarinas, dans cette même période. Après la révolte de Tacfarinas, au IVème siècle Firmus, Général Berbère, détruit Icosium en mettant le feu avec l’aide de toutes les tribus berbères, non romanisées, qui vivaient dans les montagnes des environs. C’est au Vème siècle que le christianisme s’introduit à << Icosium >>.

  1. Les Vandales (429 – 534) :

Après la chute de l’Empire Romain, la ville << d’Icosium >> passa sous domination Vandale, en 429. En 442, un traité entre Romains et Vandales permet aux Romains de récupérer Icosium, durant les 100 ans de présence Vandale en Maurétanie Césarienne. Après 533, la ville à peine contrôlée par les Byzantins, est attaquée par des tribus Berbères.

  1. Les Zirides alliés des Fatimides et les Maghraoua des Omeyyades :

5.1. Les Zirides et les Fatimides

Les Zirides de la confédération Berbère des Senhadja, dont Ziri Ibn Menad Al-Senhadji et les Kétama se sont alliés aux Fatimides, vers l’an 900, contre les Omeyyades d’Al-Andalous et leurs alliés les Zenata : Maghraoua,…

5.2. Le Roi Bologhine et Al-Djazaïr

Au départ Al-Djazaïr, était un territoire qui appartenait au Maghraoua, une tribu Berbère Zénète en bonne relation avec les Omeyyades d’Al-Andalous et par conséquence contre les Fatimides et leurs alliés les Zirides et les Kétama. En 947, Ziri Ibn Menad Al-Senhadji s’empara du Maghreb central contre les Maghraoua, Banou Ifren,… et fonda Achir, comme capitale des Zirides. En 952, la ville d’Al-Djazaïr fût reconstruite, fortifiée et agrandi par Bologhine Ibn Ziri Ibn Menad Al-Senhadji à la demande de son père Ziri Ibn Menad, ainsi que les villes de Miliana et de Médéa. Bologhine se chargea de la gouvernance de ces trois villes, à la demande de son père Ziri Ibn Menad. La guerre continua entre les Zenata alliés aux Omeyyades et les Zirides aux Fatimides : Ziri Ibn Menad Al-Senhadji fut tué en juillet 971 dans une bataille contre les Maghraoua, sa tête fut rapportée à Cordoba par les Maghraoua pour qu’ils aient de l’aide pour affronter l’armée des Zirides, sujets des Fatimides. A ce moment-là, Al-Muez Li Dinilleh, quatrième Calife Fatimide, désigna Bologhine Ibn Ziri, comme Calife du Maghreb. Ce dernier continua le combat contre la tribu des Zenata. Bologhine Ibn Ziri occupa à ce moment presque tout le Maghreb en suivant les directives du Calife Fatimides. Les Zenata demandèrent l’aide des Omeyyades de Cordoba pour reprendre leur territoire et leurs villes, y compris << Al-Djazaïr >>. Une guerre éclata entre les Kétama et les Zirides à la suite d’un conflit : Les villes de Mila et de Sétif sont rasées par les Zirides. Les Omeyyades acceptent enfin d’aider les Zenata à reconquérir leurs territoires et en particulier les Maghraoua. Bologhine Ibn Ziri rebroussa chemin, en direction de l’ouest, en voyant toute l’armée des Zenata venue d’Al-Andalous, qui s’est installée à Ceuta. Bologhine Ibn Ziri mourut en l’an 983. Il s’ensuit une période longue de défaites pour les Zirides. Les Fatimides qui voulaient prendre l’Al-Andalous, abandonnèrent ce projet au profit de celui de l’Egypte. Les Maghraoua regagnèrent leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et dans l’Ouest grâce à Ziri Ibn Attia issue de la tribu des Maghraoua. Les Zirides et leurs descendants les Hammadides restèrent souverains dans leurs territoires dans l’Est du Maghreb central.

5.3. Les Pouvoirs installés à Alger :

Du Xème au XXème siècle, El-Djazaïr subit la domination de tous les prétendants qui se sont disputés le pouvoir au Maghreb central, les :

  • Zirides
  • Hammadides
  • Almoravides
  • Almohades
  • Hafsides
  • Zianides
  • Frères Barberousse et Ottomans
  • Français.
  1. Les Almoravides, Tribu Berbère de la confédération des < Senhadja > :

Les Almoravides prennent Al-Djazaïr en 1082, grâce à Youssef Ibn Tachfin qui défait tous les Zenata. La première grande mosquée du rite Malékiste appelée << Al-Djamaa El-Kébir >> ou << La grande mosquée >> fut construite par Youssef Ibn Tachfin à Alger. Les Almoravides n’ont jamais fait la guerre contre les Zirides, compte tenu que les deux tribus sont des Sanhadja.

  1. Les Almohades, Tribu Berbère de la confédération des << Masmouda >> :

En 1151, le Roi Abdelmoumen de la dynastie des Almohades reprend << Al-Djazaïr >> aux Almoravides, ainsi que tout le Maghreb et l’Al-Andalous.

  1. Les Tribus Berbères Mérinides, Zianides et Hafsides :

Al-Djazaïr fut rattachées pour des durées courtes et variables aux :

  • Mérinides (Zenata)
  • Zianides (Zenata)
  • Hafsides (Masmouda).

Enfin dans le passé, elle fût longtemps rattachée à la ville de Tlemcen sous les dynasties suivantes :

  • Ifrénides
  • Almoravides
  • Almohades
  1. La tribu des Taaliba, la Reconquista Espagnole et les Morisques Andalous

Au cours du XVème siècle, c’est la tribu Arabe des Taaliba, qui gouverna la ville d’Alger. De cette tribu est issu le célèbre penseur, théologien et soufi de la ville d’Al-Djazaïr, Sidi Abderrahmane Ibn Mohammed Ibn Makhlouf Al-Thaalibi, de son vrai nom Ibn Zeïd Ibn Makhlouf Abderrahmane El-Thaalibi. Il est né en Kabylie. Dès les dernières années du XVème siècle, Alger comme les autres villes du littoral maghrébin subit le contrecoup de la « Reconquista » espagnole. En 1510, les Espagnols qui tentent de soumettre Alger, construisent la forteresse du Penon. La population s’accroît avec l’arrivée de nombreux émigrés Morisques Andalous et la ville s’agrandit.

  1. Salem Al-Toumi, le Peñon d’Alger et les frères Barberousse :

En 1510, les Espagnols sous le règne de Ferdinand le Catholique, assiégèrent la ville d’Alger et bâtirent sur un îlot de la baie d’Alger une forteresse, appelée le Peñon d’Alger. Cette citadelle en bordure de mer était destinée à :

  • Eviter qu’Al-Djazaïr serve de refuge pour les Corsaires.
  • Bombarder la ville d’Alger et à empêcher son approvisionnement, en cas de besoin.
  • En faire un pont, une étape, dans son expansion vers la rive sud de la Méditerranée.

En 1516, le Cheikh d’Alger Salem Al-Toumi et la population d’Alger, demandèrent de l’aide à Baba Aroudj et Kheir-Eddine contre les agressions espagnoles et surtout contre la construction du Peñon d’Alger. En 1516, Baba Aroudj après s’être déplacé sur Alger, devient maître de la ville, suite au décès du Cheikh Sélim Al-Toumi, gouverneur de la cité, vraisemblablement mort assassiné. Kheir-Eddine, qui succède à la gouvernance d’Alger, après la mort de son frère Baba Aroudj en 1518, fait face à de nombreuses attaques espagnoles. La ville d’Al-Djazaïr est attaquée par des expéditions espagnoles commandées respectivement par :

  • 1516 : Diego de Vera
  • 1518 : Hugo de Moncade, vice-roi de Sicile, le 17 Août.

Deux fois celles-ci tournent au désastre. Le Dey Kheir-Eddine Barberousse :

  • détruisit la forteresse du Peñon d’Alger, le 17 mai 1529, édifiée par les Espagnols, en 1510.
  • et y construisit la jetée qui porte son nom << Kheir-Eddine >>, reliant les îlots à la terre ferme et constituant ainsi le premier abri du port d’Alger en 1529.

Durant cette période, Alger fut une place forte disposant d’une flotte redoutable qui lui confère une autorité sans égale dans la Méditerranée.

  1. Les Zianides, les Saadiens et les tribus du Sahara :

Durant la période de la Régence d’Alger, des guerres éclatèrent à différents moments contre :

  • Les Zianides de Tlemcen
  • Les Saadiens du Maroc
  • Les tribus du Sahara
  • Les tribus en Kabylie
  • Les tribus dans les Aurès.
  1. La bataille d’Alger de Charles Quint (1541):

Après la bataille de Tunis en 1535 et dans le but de renforcer ses positions méditerranéennes, Charles Quint décida en 1541 de s’emparer d’Alger qui était devenue une véritable base << Corsaire >> sous la gouvernance de Kheir-Eddine. En octobre 1541, l’Empereur réunit une flotte de plus de 65 vaisseaux de guerre, 451 navires de transport commandée par son l’amiral Andrea Doria, quoique ce dernier désapprouva une expédition à pareille époque de l’année. Alger était alors sous l’autorité du pacha, Hassan Agha, d’origine Sarde et fils adoptif de Kheir-Eddine, celui-ci étant devenu grand amiral de la flotte ottomane depuis 1538. La défense de la ville d’Al-Djazaïr était assurée par des Janissaires, les Morisques Andalous et les tribus Arabes et Berbères environnantes. La journée du 24 octobre est marquée par des combats intenses sans qu’un quelconque avantage se dégage. Le 25 octobre, en fin d’après-midi, un orage d’une violence surprenante éclate. La tempête va se déchainer toute la soirée et même la nuit entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, rend inutilisable la poudre pour les canons et les arquebuses. Plus de 140 navires sont fracassés sur la côte alors que des dizaines d’autre ont coulés à pic avec hommes et biens. Les troupes impériales étaient alors ruinées par toutes les troupes adversaires. L’armée impériale bat ensuite en retraite vers le Cap Matifou, dès le 29 octobre, sur les conseils d’Andrea Doria. Les troupes de Charles Quint, lèvent l’encre le 2 novembre, et se réfugient à Béjaïa, alors toujours aux mains des espagnols, qu’ils quitteront le 27 novembre pour l’Espagne. La défaite de l’Empereur sera accueillie avec une joie immense par, François Ier, alors adversaire déclaré du Habsbourg. La Régence d’Alger, solidement établie, va durer trois siècles, jusqu’en 1830.

  1. Le Palais de la Jénina :

Pendant la période « Ottomane », le siège du gouvernement et de l’administration se situait au Palais de la Jénina, dans la partie basse de la ville :

  • 1534 / 1585 : les Beylerbeys
  • 1585 / 1659 : les Pachas
  • 1659 / 1671 : les Aghas
  • 1671 / 1817 : les Deys

Le gouvernement était ensuite amené à la Casbah, jusqu’en 1830. Entre le XVIème et le XIXème siècle, de luxueuses demeures de dignitaires et de hauts fonctionnaires se construisent dans la partie basse de la ville :

  • Dar Hassan Pacha
  • Dar Aziza
  • Dar Mustapha Pacha

Une grande rue commerçante se développa entre la porte de Bab El-Oued et la porte de Bab Azzoun. C’est la zone des souks, assez proche du Palais de la Jénina. Les faubourgs constituent la campagne avec de belles villas enfouies dans un cadre de verdure et de vastes jardins qui faisaient l’admiration des Européens et des étrangers. Le Djebel, la ville haute, constitue la vraie ville avec ses mosquées, ses zaouïas, ses rues étroites…

  1. Al-Djazaïr et le pouvoir des Janissaires :

Durant les trois siècles de présence Ottomane dans le Maghreb central, c’est-à-dire de 1518 à 1830, la « Régence d’Alger » fut pratiquement dirigée par les Janissaires, milice Ottomane qui n’est pas forcément d’origine turque, installés à Alger après l’arrivée des frères Baba Aroudj et Kheir-Eddine, dit Barberousse. La réalité du pouvoir de la Régence d’Alger était sous le contrôle de cette communauté de Janissaires, qu’on appelait << Odjak >> et qui a accouché presque de tous les Beylerbeys, les Aghas et les Deys jusqu’à 1830. A l’intérieur du pays, les Ottomans n’ont occupé que quelques postes de surveillance, compte tenu du penchant pour la mer de la part des Janissaires et de leur focalisation sur l’espace méditerranéen. Ils laissèrent les populations rurales entre les mains :

  • des féodaux
  • des confréries religieuses, dont les exigences les poussèrent très souvent à la révolte.

Ce manque de contacts directs avec les autochtones fit que les Ottomans, demeurèrent étrangers durant les trois siècles de leur présence, en cette terre.

  1. Domination française et la bataille d’Alger (1830-1962) :

Le 14 Juin 1830, une force de 37612 Français débarqua sur la plage de Sidi Ferruch, juste au nord de la ville. Les Français ont affirmé qu’ils n’avaient pas de plan initial visant à établir une colonie, mais en 1834 ils ont officiellement annexé une grande partie de l’Algérie du Nord, faisant d’Alger la capitale de leur nouvelle colonie. La bataille d’Alger a opposé, en 1957 à Alger (département d’Alger), durant la guerre d’Algérie, la 10e division parachutiste de l’armée française aux indépendantistes algériens du Front de libération nationale (FLN). Suite aux nombreux attentats perpétrés contre la population par le FLN, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu, qui opère en dehors de tout cadre légal, pour démanteler l’organisation du FLN et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à mars 1957. La bataille est remportée par l’armée française qui met au jour des caches d’armes du FLN3 et obtient l’organigramme complet de l’organisation armée et peut ainsi procéder à l’arrestation de ses membres clés. Cependant, une partie de l’opinion publique métropolitaine considère cette bataille comme une défaite morale du fait de l’usage de la torture par l’armée française contre des civils afin d’obtenir ces renseignements. L’emploi de tels moyens par les émissaires de la République française soulève en effet une polémique durable en France, essentiellement en métropole qui n’est pas encore touchée par le conflit armé4, tandis qu’en Algérie elle contribue à solidariser une partie de la population autochtone autour du FLN. Les Français d’Algérie qui ont subi durant 3 mois les attentats du FLN n’oublient pas le Général Jacques Massu qui a gagné la << Bataille d’Alger >>, et le soutiennent lors de la Crise de mai 1958, appelée également Putsch d’Alger (1958), lorsqu’il crée le Comité de Salut Public5, puis une seconde fois lorsque, après avoir critiqué la politique algérienne du Général de Gaulle, il est muté en Métropole, ce qui provoque la Semaine des barricades.

  1. Époque moderne:

De nos jours, Alger veut redevenir une grande capitale africaine et méditerranéenne, envisageant d’avoir un niveau de développement des infrastructures comparable à celui qu’elle avait en 1962. Elle entreprend une ouverture vers le monde en organisant de nombreuses manifestations et colloques internationaux. Alger attire ainsi depuis quelques années de grandes multinationales telles que la Société Générale ou Siemens. De nombreux grands projets de réalisation d’infrastructures tels que le métro, le tramway ainsi que divers projets de restructuration urbaine, de création de nouveaux centres urbains satellites, peinent à voir le jour, quoiqu’ils auraient dû être achevés il y a plus de 15 ans : Alger est en pleine expansion urbaine, motivée par un besoin d’affirmation au niveau régional dans sa lutte pour concurrencer les autres villes nord-africaines de Tunisie et du Maroc